Publié le : dimanche 13 mars 2022

Une nouvelle oeuvre d'art exposée en pleine nature : Early Forms de Tony Cragg

© Arthur Péquin

En s’éloignant du château, le long des bois et des prairies, installée au sommet d’une petite colline surplombant le parc, une sculpture de bronze de Tony Cragg, Early Forms (1993), se distingue par la brutalité fine et ondulante de sa forme : un animal préhistorique se serait-il réincarné dans le jardin ? Ou une météorite serait-elle tombée du ciel ? Il faut s’approcher pour prendre la pleine mesure de la sculpture issue d’un travail de l’artiste sur les possibilités de manipuler des conteneurs familiers de notre quotidien (récipients de chimie, bouteilles en plastique, mortiers). S’inspirant de leurs contours simples, l’artiste anglais explore les façons dont ils peuvent se transformer dans l’espace et dans la Nature environnante. Ce qu’explore le sculpteur, ce sont bien des nouveaux liens entre le monde matériel et le monde naturel. L’ondulation se substitue chez lui à la ligne classique de la sculpture trop ordonnée, comme si les formes naturelles reprenaient leurs droits. Pour Tony Cragg, les contenants et les récipients utilisés fonctionnent comme des métaphores de la cellule, de l’organe, de l’organisme ou du corps. Les torsions qu’il exerce, souvent autour d’un axe incurvé dévoilent de nouvelles caractéristiques figuratives et organiques. La structure sous-jacente de ces sculptures donne à leur peau la tension d’une membrane, reflétant les structures de base de nombreux organismes,
plantes et animaux.